Consécration du sanctuaire de Notre Dame de Santa Cruz à Oran

Pour sa réouverture, ce lieu, que le diocèse voudrait dédier au « vivre-ensemble » et pour lequel il souhaite proposer une programmation culturelle régulière, a attiré une foule multicolore, multilingue et multireligieuse : étudiants africains, religieux, religieuses et prêtres venus d’à peu près tous les continents, migrants, expatriés, chrétiens algériens mais aussi « pieds noirs » venus de France et amis algériens musulmans ou simples curieux.

Chose incroyable dans ce pays majoritairement musulman, ce sanctuaire et la statue de la Vierge qui le domine, tombés en ruine, viennent d’être entièrement rénovés par le diocèse avec le soutien des autorités algériennes et d’autres mécènes, et un nouvel autel consacré dans la chapelle. « Notre souci, tout au long des travaux, était de faire en sorte que ce lieu puisse toucher le cœur d’autres croyants. Comment restaurer une église en sachant que l’immense majorité de ses visiteurs ne sont pas chrétiens ? Nous avons voulu dire le caractère sacré de tout homme, créé à l’image de Dieu, quelle que soit sa religion ou son absence de religion »,  a souligné dans son homélie Mgr Jean-Paul Vesco, évêque d’Oran.

En célébrant le vendredi 11 mai l’Ascension à Santa Cruz, le diocèse a renoué avec une tradition vivace au temps de la colonisation, lorsque les pieds noirs y montaient à pied en pèlerinage. Mais c’est dans une histoire bien plus longue que le diocèse veut inscrire le sanctuaire et la magnifique esplanade qui le jouxte et qui, en raison d’une vue à couper le souffle sur la baie et sur la ville, est aussi un lieu de promenade pour les Oranais comme pour les touristes de passage. Les reliques scellées dans le nouvel autel consacré pendant la messe en témoignent : elles rassemblent celles récupérées dans six églises désaffectées du pays et un morceau d’une chasuble ayant appartenu à Mgr Pierre Claverie, l’ancien évêque d’Oran, assassiné en 1996, déclaré martyr avec 18 de ses compagnons par le Vatican fin janvier et dont la béatification pourrait avoir lieu ici même.

Anne-Bénédicte Hoffner, journaliste à « La Croix »